Photo 1

20  Bas-relief d’Armand Filion

Source : René Chicoine1 .
Photo (RC) : Bas-relief à droite des portes d’entrée principales.

L’entrée principale de l’aréna Maurice-Richard (côté nord) est rarement utilisée de nos jours. À l’extérieur, de chaque côté des portes, se trouvent deux bas-reliefs en pierre réalisés par Armand Filion, en 1960. Ils représentent divers sports.

Armand Filion

Armand Filion (1910-1983) est natif de Montréal. En 1927, il commence à étudier le dessin à l'École des Beaux-Arts dont il gradue à l'âge de 21 ans. Il devient alors professeur de dessin à la Commission des écoles catholiques de Montréal. De 1942 à 1968, il enseigne la sculpture à l'école des Beaux-Arts de Montréal dont il sera le chef de la « section sculpture » durant quelques années. Parmi ses élèves, on note Ethel Rosenfield et Claude Roussel.

Sa carrière, au cours de laquelle il reçoit de nombreux prix, est partagée entre l'enseignement et la sculpture. À l'époque de son passage comme étudiant, il n'existe pas de cours de sculpture aux Beaux-Arts. Il doit donc «  inventer sa propre technique, élaborer ses propres instruments. »1 Il passe du modelage à la sculpture du bois et à la taille directe dans la pierre. C'est d'ailleurs avec un tailleur de pierre qu'il perfectionne ses techniques de taille.

Issu d'une formation et aussi d'une époque où le réalisme constitue la norme au Québec, l'artiste évolue graduellement vers des formes plus stylisées et plus pures. Il produit de nombreuses sculptures architecturales et murales pour des édifices, qui doivent évidemment s'intégrer à des ensembles architecturaux. René Chicoine considère, selon ce que lui a raconté Armand Filion, que l'artiste a dû lutter pour rester «  fidèle à lui-même »1 face aux exigences d'une production de commandes.

«  Presque toujours, quand, il exécute des travaux sur des édifices, il se trouve quelqu'un prétendant exiger de lui qu'il fasse les objets et les personnages “ressemblants”. On va jusqu'à lui apporter des images (...), pour lui montrer quelle allure il devait donner à ses personnages. Plus même, il est arrivé que l'on ait voulu engager des artistes plus conventionnels d'esprit pour modifier l'aspect de certaines de ses sculptures. »1

Cependant, à mesure que sa réputation de sculpteur grandit, on lui accorde une plus grande liberté d'expression.

Dans les années 1940, on sent dans sa production, l'influence du style décoratif inspiré de l'exposition universelle de Paris et l'exposition des arts décoratifs. Cette dernière donnera son nom au style Art Déco.

Par la suite, Armand Filion s'éloigne de plus en plus du naturalisme pour adopter une stylisation qui l'amène même vers une géométrisation de la forme. Au début des années 1970, René Chicoine visite l'atelier de Filion et constate que l'artiste continue d'explorer «  en toute liberté »1 dans des formats plus réduits et même dans des oeuvres non figuratives qui impressionnent.

Les plongeurs , un bas-relief situé à l’extérieur du Centre Gadbois dans Saint-Henri, est une autre de ses pièces connues dans Montréal.

1

Photo (RC) : Bas-relief à gauche de la porte d’entrée principale.

 

_________________________
1. Chicoine, René (1971). Armand Filion, sculpteur. Exemplaire no 482. Montréal : Association des sculpteurs du Québec.

 

Haut de page