32  Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus

Sources : Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve ; Guy Pinard1.
Photo (RC) : Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus.

Au début du 20e siècle, le maire « Alexandre Michaud et les frères Oscar et Marius Dufresne étaient des hommes ambitieux. À Maisonneuve, ils régnaient en potentats sur les citoyens de cette ville, qu’ils rêvaient de transformer en ville modèle au plan architectural. Au nom de ce rêve, ils commirent des excès qui conduisirent inexorablement la ville vers l’annexion à Montréal. Cette attitude étonnait d’autant plus que la majorité des résidants de la paroisse naissante vivaient dans des conditions plutôt difficiles, touchant des salaires peu élevés pour des heures de travail plutôt longues. Malheureusement, les hommes d’Église emboîtèrent le pas, se laissant emporter par ce vent de folie qui soufflait sur la toute jeune ville de Maisonneuve, car c’est rien de moins qu’une cathédrale qu’on prétendit construire afin de remplacer la petite chapelle qui servit d’abord de lieu de culte. »1

La décision de construire l’église a été prise par la paroisse en 1901. La préparation des plans a été confiée aux architectes Charles Reeves et Albert Mesnard. Les coûts se sont élevés à 151 245 $ et l’église fut terminée en 1905.

« À l’origine, les deux clochers étaient de forme bulbeuse, ce qui conférait au bâtiment une allure néo-baroque. L’installation en 1926, de deux flèches surmontées d’une croix, donne à l’église un aspect nettement plus classique.

Les architectes ont utilisé pour les murs et l’ornementation extérieure la pierre de taille grise. Le toit et les clochers sont recouverts de cuivre . »2

Le chemin de croix, en ronde-bosse polychrome, fut installé en 1906 ; la chaire (aujourd’hui disparue) en 1909 ; les cloches furent bénites en 1912. Les vitraux ont été installés en 1915. Le presbytère fut érigé en 1927.

« Le deuxième jubé à l’arrière de l’église loge l’un des joyaux de la maison Casavant et frères : un orgue électro-pneumatique de 74 jeux. De facture romantique française, il a été partiellement reconstruit en 1986 et en 1996 selon la tradition Cavaillé-Coll. Un orgue de chœur de 19 jeux forme la deuxième partie de cet instrument. Inauguré en 1915, ces orgues étaient les sixièmes plus puissantes du monde et les premières du Québec.»2

Les cloches ont été coulées à la fonderie Paccard d’Annecy en Haute-Savoie. La plus grosse des cinq (le bourdon) pèse 2 265 kilogrammes.

La décoration intérieure de Toussaint-Xénophon Renaud, sa plus grande œuvre, s’est étalée de 1913 à 1918. Le mandat qui lui a été confié par la paroisse était clair : « Cette décoration sera faite en grande partie sur fond d’or… afin de faire un des plus beaux travaux de la province dans ce genre.»

Pour informations complémentaires, voir » Série Culture, Fiche 5 (Église du Très-Saint-Nom-de-Jésus : décoration intérieure).

 

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1. Guy Pinard (1992). Montréal, son histoire, son architecture. Tome 5. Montréal : Éd. du Méridien.
2. Paul Labonne. Église Très-Saint-Nom-de-Jésus. Série patrimoine religieux. Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve.

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