47 Adhémar Raynault
Sources : Claude-V. Marsolais, Luc Desrochers et Robert Comeau1 ; Adhémar Raynault2 ; Site de l’Assemblée nationale du Québec ; Archives de l’Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve .
Photo (Fonds Adhémar Raynault. Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve) : Adhémar Raynault et le général De Gaulle, en 1944.
Adhémar Raynault, le 36e maire de Montréal, se rendait chaque matin à la salle du conseil avec cet oeillet à la boutonnière qui sera sa signature pendant des décennies. Dans son autobiographie2 publiée en 1970, il exprime ses idées et nous témoigne de ses premières années et de sa carrière politique. Notons parmi ses rêves, celui de construire un métro pour la ville. Mais, il dirige la ville à une époque difficile où les finances et la guerre limitent ses projets. Il se retrouve devant l’obligation de centrer ses efforts sur le redressement de l'administration de la ville3.
Dans ses mémoires, on apprend qu'il a demeuré sur la rue Morgan et que Sarto Fournier — élu maire de Montréal en 1957 — a été un de ses voisins. Il nous indique aussi qu'il a longtemps tenu son bureau d'assurance dans Hochelaga4.

Photo (RC) : Ancienne résidence d’Adhémar Raynault
(1487, boulevard Morgan). En passant devant la maison,
remarquez le lampadaire à gauche du balcon. Il fait partie
d’une tradition à l’effet qu’on plaçait deux lampadaires
devant les maisons des anciens maires de Montréal.
Adhémar Raynault est né à L'Assomption, le 12 juillet 1891. Il est le fils d'un cultivateur, Sigefrois Raynault, et de Mathilde Marsolais. Souffrant d'une maladie rénale, qui ne sera diagnostiquée et opérée qu'en 1934, il abandonne ses études à 13 ans. Il travaille sur la terre de son père puis, à l'âge de 17 ans, il part pour Montréal où il travaille comme commis de magasin pour son cousin. À 18 ans, il ouvre un commerce de tabac, qu'il doit abandonner à cause de sa maladie. Il débute alors, dans les assurances, une carrière qu'il poursuit durant ses mandats municipaux.
Le 17 juin 1925, il se marie à Thérèse Prézeau, dans la paroisse de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge.
Alors qu'il fréquente « les clubs sociaux, les assemblées d'ouvriers, les mouvements de protestation », il réalise qu'il doit se former et décide de fréquenter la bibliothèque municipale et de s'intéresser à tous les sujets5 .
« Pour calmer ma fièvre d'apprendre, l'abbé Dubuc, curé de Saint-Clément de Viauville où je demeurais, met sa bibliothèque personnelle à ma disposition. » raconte-t-il6 . Il milite dans différentes associations, dont la Société Saint-Jean-Baptiste.
En 1932, il devient le président de la Ligue des propriétaires de l'Est de Montréal, qui a pour but d'aider les locataires et les propriétaires affectés par la crise économique. Des organisateurs l'approchent alors pour qu'il se présente comme candidat dans Hochelaga. On lui offre 30 000 $ pour sa campagne. Il refuse, car il veut rester « libre et indépendant ». Il se présente malgré tout dans Préfontaine en 1934 et gagne grâce à une campagne qui a coûté 413 $. Il devient alors jusqu'en 1936, échevin de ce quartier et chef de l'opposition face au maire Camilien Houde. À cette époque, il revendique « des soins médicaux gratuits pour les nécessiteux. »7
À partir de 1935, il s'implique aussi dans l'Action libérale nationale et est élu député de l'Union nationale dans L'Assomption, en août 1936.
À titre de maire de Montréal, il est d’abord élu en 1936 jusqu’en 1938. Durant cette période, l'aménagement du Jardin botanique, rêve du frère Marie-Victorin, débute. On assiste aussi à la construction du pont Pie-IX et à l'achat de l'île Sainte-Hélène. Suite à l’emprisonnement du maire Camilien Houde par le gouvernement canadien, il se représente à la mairie de Montréal et occupe de nouveau le poste de 1940 à 1944. Notons qu'aux élections de 1942, les femmes pourront, pour la première fois, exercer leur droit de vote au niveau municipal8.

Photo (Fonds Adhémar Raynault. Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve) : Adhémar Raynault et le général De Gaulle au balcon de l’Hôtel de ville, en 1944. Ce dernier était-il déjà en train de se pratiquer pour son « Vivre le Québec libre » de 1967?
Adhémar Raynault est décédé à l'âge de 92 ans, le 11 avril 1984. La partie ouest du parc le long de la rue Notre-Dame dans Hochelaga-Maisonneuve porte son nom.
Activité pédagogique
- Niveau universitaire : la famille Raynault a récemment légué le fonds d’archives d’Adhémar Raynault à l’Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve. On y trouve une mine de renseignements sur la vie du 36e maire de Montréal, notamment six photos inédites du maire en compagnie du général De Gaulle lors de la visite de ce dernier, en 1944.
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1. Claude-V. Marsolais, Luc Desrochers et Robert Comeau ( 1993). Histoire des maires de Montréal. Montréal : VLB. Pages 251 à 258.
2. Adhémar Raynault (1970.) Témoin d'une époque. Montréal : Éditions du jour.
3. Marsolais, Desrochers, Comeau, p. 251.
4. Raynault, p. 53.
5. Idem, p. 31.
6. Idem, p. 33.
7. Marsolais, Desrochers, Comeau, p. 252.
8. Idem, p. 255.
