46 Les frères Ryan
Sources : Yves Ryan ; Site de l’Assemblée nationale du Québec ; Gérard Thérrien1 ; Florence Meney2 ; Archives de la Une3.
Photo (Paul Ryan) : Claude Ryan.
Blandine Dorion et ses fils
C'est une mère seule, Blandine Dorion qui, défiant la pauvreté, élève ses trois garçons qui grandiront pour assumer d'impressionnantes carrières publiques. Claude deviendra directeur du journal Le Devoir et chef du Parti Libéral du Québec. Yves occupera le poste de maire de Montréal-Nord pendant 38 ans et Gérald, l'aîné, sera nommé juge à la Cour Supérieure.
Après les premières années passées à Ville-Émard, les frères Ryan déménagent, vers 1940, dans Hochelaga-Maisonneuve. « Pour être plus près du Collège Sainte-Croix, comme le voulait ma mère. » explique Yves Ryan. Ils ont habité quelque temps au 2158, rue de Chambly, mais plus longtemps au 2435, rue de La-Salle. « Au coin de la ruelle », précise Yves Ryan. Ils y resteront jusque vers 1948.

Photo (RC) : Le 2158, rue de Chambly.
Alors que Claude et Gérald fréquentent le collège Sainte-Croix, qui deviendra plus tard le Collège Maisonneuve, le jeune Yves fait ses classes sur les bancs de l'école Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle et de l'école Sainte-Jeanne d'Arc.
Bien que leur mère n'aimait pas qu'on en parle, Yves Ryan se souvient d'être allé avec elle chercher des chèques du « Secours direct », l'Aide sociale de l’époque. « Il fallait marcher jusqu'à la rue Sainte-Catherine, car il n'y avait pas d'autobus... cela faisait loin. »
De sa mère qui « était politisée à 100 % », il termine en ajoutant que les trois frères ont hérité d’elle leur détermination.
Claude Ryan (1925-2004)
Claude Ryan a été un intellectuel et un journaliste avant de jouer un rôle politique important sur la scène québécoise. Au niveau professionnel, cet amoureux du baseball était connu comme un bourreau de travail. Il lisait beaucoup et avait la réputation de connaître ses dossiers à fond.
À sa sortie du Collège Sainte-Croix, il s'inscrit à l'École de service social de l'Université de Montréal (1944-1946), puis fait un stage d'études en histoire de l'Église à l'Université pontificale grégorienne de Rome (1951-1952).
À 20 ans, il occupe la tête de l'Action catholique. Il choisit par la suite d'exercer ses talents comme journaliste. En 1962, il est choisi directeur du journal Le Devoir, fonction qu’il assume jusqu’en 1978.
De plus en plus préoccupé par les questions politiques, il quitte Le Devoir et se lance dans la mêlée. Il est élu à la tête du Parti Libéral en 1978 et mène par la suite la campagne pour le camp du NON lors du référendum de 1980. Malgré cette victoire, son parti perd aux élections de 1981, les Québécois ayant choisi de réélire le Parti Québécois dirigé par René Lévesque.
En 1983, Claude Ryan démissionne du poste de chef du Parti Libéral. Ce parti reprend le pouvoir en 1985 sous la direction de Robert Bourassa. Au sein du gouvernement Bourassa, Claude Ryan assume la direction de ministères importants, notamment celui de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Science (1985-1990). Il sera aussi ministre responsable de la Charte de la langue française (1989-1994).
Après 16 ans de vie politique, Claude Ryan se retire. À partir de 2002, il enseigne les études catholiques à l'Université McGill. Il est décédé le 9 février 2004.
Au cours de sa vie, Claude Ryan s'est mérité de nombreux prix, dont un grand nombre en journalisme.
Yves Ryan

Photo (Patrick Deschamps) : Yves Ryan.
Yves Ryan a été maire de Montréal-Nord pendant 38 ans : « Jamais de vacances, jamais malade, travaillant sept jours sur sept. »1
Dans une longue entrevue accordée par Yves Ryan au journaliste Gérard Therrien, on sent l'esprit rebelle du plus jeune des frères Ryan :
« Il reconnaît avoir hérité du caractère de sa mère. "Elle était critique.", affirme le cadet de la famille. Il n'aime pas l'autorité. De toutes les écoles qu'il aura fréquentées, le Collège Sainte-Croix y compris, il aura été mis à la porte. "Je détestais les institutions sous toutes ses formes." Il ne terminera pas son cours classique. "J'ai abandonné, je n'étais pas très performant. Je suis entré dans la marine. C'est mon frère Claude qui a signé pour moi. Je n'y suis pas resté deux ans. " »1
Il s'installe à Montréal-Nord après son mariage avec Huguette Labrèche, avec qui il a un garçon et une fille (Guy et Denise). Il est représentant des ventes pour la compagnie Libby's, tout en étant journaliste bénévole au journal de la Chambre de commerce de Montréal-Nord lorsqu'on lui offre de rédiger ce journal. De 1952 à 1956, il écrit pour Le Montréal-Nord jusqu'à ce que ses critiques des administrateurs de la chambre, lui vaillent d'être mis à la porte. Son ami Trudeau, le responsable des ventes, quitte lui aussi la publication. Ensemble, ils fondent le journal le Guide de Montréal-Nord, publication qui existe toujours aujourd’hui.
Son rôle de journaliste l'amène à poser un regard critique sur la situation politique de la ville. Il décide donc de se présenter à la mairie. Il forme une équipe et lance son parti, Le renouveau. Élu en 1963, il restera maire de Montréal-Nord pendant 38 ans, jusqu’en 2001. Motif de sa retraite : son opposition farouche à la fusion forcée des municipalités
L'ancien maire se félicite d'avoir géré sa ville en maintenant les coûts de gestion au minimum et en réalisant « une des meilleures performances au Québec »1.
Parallèlement à son activité professionnelle, Yves Ryan a été vice-président, puis président de la Commission de la sécurité publique, vice-président du comité exécutif de la Communauté urbaine de Montréal, président du conseil d’administration de la STCUM, vice-président de la Commission permanente du transport en commun et président du Conseil de sécurité de la Communauté urbaine de Montréal. De 1968 à 1970, il a présidé l’Union des municipalités du Québec et le Bureau provincial d’aménagement du nouvel aéroport de Mirabel. En 1975, à la suite du rapport Cliche, il devient président des conseils d’administration de tutelle de certains syndicats de la construction.
Activités pédagogiques
- Avec les élèves de 6e année et du secondaire, voilà une belle occasion d’initier les élèves à la lecture d’un journal quotidien qui mérite d’être lu.
- On peut, par exemple, comparer les manchettes du Devoir avec celles des deux autres quotidiens de la métropole, puis discuter de la pertinence des divers gros titres.
- C’est aussi l’occasion d’analyser le journal local et la pertinence de ses articles.
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1. Therrien, Gérard (2001)" Le maire tourne la page" in L'édition, Le journal des gens d'affaires http://www.journaledition.com/2003/tete_a_tete/y_ryan/y_ryan_oct01.php
2. Meney, Florence, "Biographie Claude Ryan 1925-2004" Site d e Radio-canada consulté le 5 octobre 2006 : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/dossiers/tetes/ryan/index.html
3. ARCHIVES DE LA "UNE ", consultées le 5 octobre 2006 : http://www.vigile.net/menu/archives.html
http://www.vigile.net/ds-actu/docs4/2-ryan-2.html
