38 Luc Dalpé
Sources : Les Nouvelles de l’Est1 ; Progrès Villeray ; Yanick Pinel ; Luc Dalpé.
Photo : Luc Dalpé.
On doit en bonne partie à Dalpay (Luc Dalpé) la vogue des murales « civilisées » dans Hochelaga-Maisonneuve. Ainsi, en novembre 1998, le maire de Montréal, Pierre Bourque honorait son travail en permettant l’organisation d’une exposition photographique à l’hôtel de ville de 16 murales sous le titre « Il y a d’autres moyens de faire sa marque ».
L’artiste inusitée, qui ne fonctionne pas selon les canons standards, a eu un rôle clé dans la création du café-graffiti. Encore aujourd’hui, il ne cesse de soutenir les jeunes graffiteurs pour les amener à sortir de l’ombre et à exercer plutôt leur talent à embellir la ville. « Jean-François Labelle, un membre du collectif les Artistes de la grogne, dit devoir beaucoup à Luc Dalpé. Selon lui, le monde se porterait beaucoup mieux s’il y avait plus d’artistes comme lui : « Les peintres sont habituellement individualistes. Il est rare de rencontrer un peintre qui veut aider les autres peintres. C’est le cas de Luc Dalpé. »1

Photo (RC) : Murale sur l’aréna du YMCA.
Ces artistes ont connu tous les problèmes imaginables pour assurer sa subsistance, et il semble sans limite pour trouver des solutions. À une certaine époque, il a gagné sa vie en faisant du « body painting » sur les danseuses. Dans le quartier, il a réussi à vendre ses talents à de nombreux commerçants. Les demandes sont très variées, certaines bien romantiques comme celle du propriétaire du El Passo qui voulait voir reproduit le décor de Grèce où il avait connu une flamme de jeunesse.

Photo (RC) : Murale du El Passo.

Photo (RC) : Murale dans le stationnement de la SDC Promenade Ontario, du député Réal Ménard et de la SAQ.
Actuellement, Luc Dalpé s’est lancé dans un nouveau projet : les bonheurs suspendus.
Selon lui, « il y a de moins en moins de murs à peindre. Et étant donné que pour obtenir pareil droit, les démarches sont souvent longues et parfois vaines, les artistes perdent de l’intérêt et se découragent ».
C’est en cherchant des solutions à ce problème que Luc Dalpé a eu l’idée des Bonheurs suspendus. Un éclair de génie avouons-le. « Et si on peignait les plafonds » s’est-il dit. Mais la plupart des plafonds des commerces sont en tuiles, non ? Exactement ! « C’est la beauté de la chose s’exclame l’artiste.
Son idée est simple : l’artiste s’achète une tuile, qui coûte aux alentours de 5 $ ; il la peint chez lui en une heure - pour que ce soit rentable- ; il la vend 25 $ à un commerçant ; et il repart avec la tuile que son œuvre a remplacée. Ainsi, il n’a plus à acheter la moindre tuile, car chacune de ses ventes lui procure son prochain canevas. « C’est une arme fantastique pour un artiste, clame Luc Dalpé. S’il n’a pas d’argent le matin, il peut manger le soir. »1
On se croirait revenu au temps de Modigliani. Le plus surprenant est que ça semble fonctionner. De fait, les œuvres des jeunes artistes sont d’abord afficher au plafond du café des Cinq sens, sur la rue Ontario. Puis, elles repartent vers un organisme.

Photo (RC) : Hochatlaga, exposé au café des Cinq sens.
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1. Yanick Pinel. Les Nouvelles de l’Est (19 avril 2006)
