34 Artistes en arts visuels
Sources : Yves Louis-Seize ; Site Internet d’Yves Louis-Seize ; Yves Lacasse3 ; Massimo Guerrera.
Photo : « Paroles d'acier: L'incommunicabilité ». Œuvre d’Yves Louis-Seize.
À notre connaissance, il y a au moins une vingtaine d’artistes en arts visuels qui habitent le quartier, mais ils sont sans doute beaucoup plus nombreux. Les artistes en arts visuels (sculpture, peinture, photo…) sont méconnus de la population. L’attention est habituellement centrée sur les vedettes de la télévision et du cinéma. Pourtant, il existe de très grands artistes en arts visuels.
Dans cette fiche, nous dressons le portrait de deux d’entre eux : Yves Louis-Seize et Massimo Guerrera.
Yves Louis-Seize

Photo (RC) : Yves Louis-Seize.
Sculpteur bien connu, Yves Louis-Seize est également reconnu par ses pairs, car ils l’ont élu président de leur association : Regroupement des artistes en arts visuels du Québec.
Né à Saint-André-Avellin (Outaouais) en 1950, Yves Louis-Seize habite maintenant Hochelaga-Maisonneuve, dans l’ancienne usine Watson, Foster & Co. « Actif depuis le début des années 1980, l’artiste partage son temps entre l’enseignement et la création. Actuellement, il enseigne la sculpture et la céramique à l’Université du Québec à Montréal, au centre de céramique Bonsecours ainsi qu’au cégep du Vieux-Montréal.
Depuis 1981, il a présenté plus d’une dizaine d’expositions individuelles à Montréal.
Il a également présenté une exposition individuelle à Ottawa (Hiberna Gallery, 1983) ainsi qu’à Faenza en Italie (Galeria Gaïa, 1988). Quant à sa participation à des expositions collectives, elle est impressionnante. Son travail a été montré dans près de soixante-dix expositions de groupes tant au Québec qu’ailleurs au Canada et à l’étranger (États-Unis, France, Belgique, Italie).
Yves Louis-Seize est également reconnu pour ses réalisations publiques. En vingt ans, il a créé dix-sept œuvres d’art public dont une en Tchécoslovaquie. Son œuvre figure dans les collections publiques de plusieurs institutions dont le Musée du Québec, le Musée d’art contemporain, le Musée Marsil (Saint-Lambert), Expression (Saint-Hyacinthe), le collège Édouard-Montpetit (Longueuil), le Musée des Ursulines (Mâcon, France) et la Fondation Lemberk (Tchécoslovaquie).
Son travail est également représenté dans plusieurs collections privées. Louis-Seize s’inscrit assurément dans la foulée des artistes dits minimalistes, dont les œuvres aux formes pures exigent de l’espace autour d’elles. Il revendique et cherche à véhiculer tant la réflexion plastique que l’émotion. Les œuvres de Louis-Seize cherchent la dialectique et c’est le paysage intérieur qui préoccupe l’artiste ainsi que la contemplation des mondes désordonnés qui nous envahissent parfois. »1
Site Internet » yves-louis-seize.qc.ca
Massimo Guerrera

Photo : Massimo Guerrera (projet Darboral, 2002).
Nous reproduisons ici des extraits de l’éloge de Massimo Guerrera lors de la réception du prix Ozias-Leduc, en 2001. Cet éloge est l’oeuvre d’Yves Lacasse, président du jury et directeur des collections et de la recherche au Musée du Québec.
« Lorsque, le 18 octobre dernier (2001) , après plusieurs heures de délibérations, d'échanges aussi passionnés qu'attentifs à l'autre, le jury du Prix Ozias-Leduc 2001 (…)1 que j'ai eu beaucoup de plaisir à présider, a convenu de remettre à Massimo Guerrera le Prix Ozias-Leduc 2001, nous étions bien conscients que cette décision risquait d'en surprendre plus d'un.
Imaginez, le prix triennal en arts visuels de la prestigieuse Fondation Émile Nelligan, prix doté d'une bourse de 25 000 $ et tour à tour décerné à des artistes aussi importants que Roland Poulin (en 1992), Jana Sterbak (en 1995) et Rober Racine (en 1998), que l'on s'apprête à remettre à un jeune blanc-bec qui n'a pas encore trente-cinq ans et qui, admettons-le, fait peur à bien du monde, particulièrement à nos grandes institutions qui, pardonnez-moi l'expression, " ne savent pas trop par quel bout le prendre ", et cela inclut le Musée du Québec.
En choisissant Massimo Guerrera, il est bien clair que les membres du jury du Prix Ozias-Leduc 2001, plutôt que de s'attarder à l'hier, ou encore de tenter d'esquisser un bilan de l'aujourd'hui, ont préféré interroger notre demain, et cela même, d'autant même devrais-je dire, que ce demain s'annonce pour le moins inquiétant. À la suite des événements du 11 septembre, les gens du milieu des arts visuels se sont beaucoup interrogés, un peu partout dans le monde occidental, sur le rôle de l'art et la place de l'artiste dans la société actuelle. Nous sommes plusieurs à soutenir, dans un tel contexte, que la pratique d'un Massimo Guerrera est l'une des plus pertinentes qui trouvent actuellement à se développer au Québec.
" Circulation ", " échange ", " distribution ", voilà les notions simples en apparence, complexes dans la réalité, sur lesquelles repose tout le travail de Massimo Guerrera. C'est ce qu'auront été en mesure de le constater ceux, de plus en plus nombreux, qui se sont intéressés à son travail au cours des dix dernières années, période durant laquelle l'artiste a, tant au Québec qu'à l'étranger, multiplié expositions individuelles, expositions de groupe, actions performatives, scénographie et publications . (…)
En travaillant sur le rapport entre les individus et leur environnement, entre le corps et ce qui l'entoure, Massimo Guerrera n'a pas manqué d'être associé au grand courant dit de " l'esthétique relationnelle " que Nicolas Bourriaud, dans un ouvrage publié en 1998 qui est rapidement devenu " la " référence dans le domaine, définit comme une " théorie esthétique consistant à juger les œuvres d'art en fonction des relations interhumaines qu'elles figurent, produisent ou suscitent ". Massimo Guerrera n'a absolument rien contre ce rapprochement à la condition que l'on ne tente pas de l'y enfermer et que l'on veille bien se rappeler que c'est dès le début des années 90, notamment avec son Usine métabolique, qu'il met en place son " esthétique de l'interhumain, de la rencontre, de la proximité, de la résistance au formatage social". »3

Photo : Projet Darboral (2000).
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1. Site Internet d’Yves Louis-Seize.
2. Formé de mesdames Francine Lord, Katia Meir et Irene F. Whittome ainsi que messieurs Carl Johnson et Bernard Lamarche.
3. Texte d’Yves Lacasse.
