30 Angèle Coutu
Sources : Angèle Coutu ; Radio Ville-Marie (Montréal) ; Encyclopédie libre WIKIpédia ; Sandra Aubé, CHOQ-FM.
Photo (Agence Ginette Achim Inc.) : Angèle Coutu.
Angèle Coutu est une femme passionnée, engagée, déterminée comme le démontrent sa carrière de comédienne et son implication dans plusieurs causes et évènements communautaires.
Cette résidante du quartier est bien connue pour ses nombreux rôles tenus tant à la télévision, au théâtre qu'au cinéma. Ne citons pour le cinéma que The book of Eve (2002), Le sourd dans la ville (1987), Les fous de Bassan (1987), Dans le ventre du dragon (1989) et, pour la télévision, Marguerite Volant (1996), Le Retour (1996-2001), Urgence (1996) et L'Or du temps (1985-1993). Quant à sa performance dans le téléroman Jamais deux sans toi (II), elle lui a valu trois prix Gémeau (1991,1992,1993) pour la meilleure interprétation féminine ainsi que trois Métro Star (1990,1997,1998).
Sa notoriété, Angèle Coutu l'a mise au service de son engagement social. Ses voyages en Haïti l'ont amenée à s'exprimer sur la pauvreté, puis à devenir, pendant cinq ans, la porte-parole des Oeuvres du Cardinal Léger qui agissent dans plus de 24 pays, mais aussi au niveau régional et provincial. Elle s’est rendue en Inde, aux Philippines, au Pérou, au Nicaragua et au Honduras afin de témoigner de l'impact direct de l'organisme sur la vie de ces populations. La misère qu'elle a vue dans ces pays l'a beaucoup marquée. Elle en garde des images marquantes, tel cet enfant des favelas jouant dans une eau noirâtre.
En 2004, elle a fait un jeûne de trois jours dans le but d'attirer l'attention sur l'importance de l'entraide et de la « solidarité envers les peuples dans le besoin »1. Il n'est donc pas étonnant d'apprendre qu'elle soit la marraine d'une petite fille du Togo. Si elle le pouvait, elle aimerait bien « parrainer une école au complet » !
Angèle Coutu s’est impliquée dans d'autres causes également, comme la Journée internationale de la Francophonie (2004) ou le 11e Radio-don de Radio Ville-Marie. Elle n'attend pas qu'on vienne la chercher. Depuis huit ans, elle a pris l'initiative de regrouper plusieurs personnes afin de préparer des paniers de Noël. « Tout de suite après l'Halloween, on commence à ramasser des cadeaux, des coupons d'achats et de l'argent. Les gens sont généreux. » Elle va elle-même choisir des jouets chez des marchands locaux. « Je deviens comme une petite fille. », raconte-t-elle. Elle a même confectionné d'immenses bas de Noël. Depuis quelques années, cette activité se fait en collaboration avec le Dr Julien de l'organisme Assistance d’enfants en difficulté (AED).
Le patrimoine est une autre de ses passions. Son dernier projet est un récital de poésie à la chandelle à l'Église Très-Saint-Nom-de-Jésus. Tous les bénéfices serviront à entretenir cet édifice patrimonial exceptionnel.
Il y a onze ans, elle a choisi le quartier et acheté une maison centenaire qui a nécessité un travail important de réfection, ce qui lui a valu une mention lors de la 12e Opération Patrimoine architectural de Montréal, en 2002. De sa demeure, elle nous dit : « J'aime son authenticité.et la simplicité des lignes. La demeure aurait été bâtie par un notaire qui avait dix enfants. Il y aurait eu beaucoup de fêtes parait-il, dans cette maison. Cela me fait plaisir. Dans les années cinquante, le lieu aurait abrité une clinique populaire, La goutte de lait. » « Et La Bolduc a habité de l'autre coté de la rue. » rajoute-t-elle fièrement.
Née dans Montréal centre, la fille du comédien Jean Coutu (ne pas confondre avec le pharmacien) a vécu dans plusieurs quartiers de la ville. Elle, que Félix Leclerc a déjà endormie par ses chansons quand elle était petite, est très heureuse de son nouveau quartier d'adoption. « Tout le monde m'appelle Angèle. », nous dit-elle. Ce qu'elle aime surtout d’Hochelaga-Maisonneuve « c'est sa multiplicité ». Il y a toute sorte de gens, d'âge et de cultures différentes, des « mamans à poussette », de jeunes couples, des retraités... Elle espère que les changements dans le quartier ne se feront pas « sur le dos de la population » et souhaite que les développements soient conçus de manière à offrir des loyers raisonnables, bien faits ; un environnement où l'on puisse élever des enfants avec des terrains de jeux pour eux.
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1. Entrevue par Sandra Aubé à CHOQ-FM (28 septembre 2004).
