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18   Charles-Émile Gadbois

Source : Site du Centre d’archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe.
Photo (Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, Fonds CH043) : L’abbé Gadbois jouant du piano.

C’est toute une génération qui a appris la musique via La bonne chanson. Son fondateur, l'abbé Gadbois, a passé les dernières années de sa vie dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, sur le boulevard Pie-IX.

L’abbé Gadbois

Charles-Émile Gadbois est né 1906 dans le village de Saint-Barnabé-Sud.

Il grandit dans une famille où la musique et la chanson sont importantes et s'intéresse très tôt à la musique. Il n'a qu'environ 8 ans quand sa soeur Rose-Alma commence à lui enseigner le piano et c'est avec ses propres économies qu'il achète son premier violon.

Pensionnaire au séminaire de St-Hyacinthe, il étudie non seulement le piano, mais aussi la clarinette, la trompette, la harpe et surtout le violon. De 1926 à 1930, il étudie au Grand Séminaire de Montréal afin de devenir prêtre où il continue de s'intéresser au chant et à la musique. Ordonné prêtre en 1930, il retourne au Séminaire de Saint-Hyacinthe à titre de professeur de violon et directeur de l'harmonie et de la chorale. Il continue ses études en chant grégorien et en direction d'orchestre.

En 1937, l’abbé Gadbois crée La Bonne Chanson. Son objectif est de susciter l’intérêt pour les chansons qui valorisent la culture et la langue française. Cette entreprise connaît rapidement un succès extraordinaire.

La Bonne Chanson : « Un foyer où l’on chante est un foyer heureux.»

C'est dans le contexte de la crise économique des années 1930, que naît La Bonne Chanson. L'entreprise s'inscrit dans un mouvement de repli vers les valeurs traditionnelles véhiculées par l'Église catholique et présentées comme un refuge pour faire face aux difficultés de la période.

Page de Chantez la bonne chanson

Photo (Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe
Fonds CH043) : Page de Chantez la bonne
chanson.

« Après plusieurs décennies passées sous le signe du libéralisme, où le progrès économique et social est basé sur l’individu et l’entreprise privée, la crise ramène à l’ordre du jour, un courant de pensée qualifié de traditionaliste. Cette idéologie, principalement promulguée par le clergé, fait la promotion de la protection des valeurs communes aux Canadiens français, telles la langue, la religion, la famille nombreuse, le respect de l’autorité et elle incite les citoyens à un retour à la terre où la vie rurale est glorifiée. »1

La Bonne Chanson, dont le but est de faire « chanter les jeunes », connaît donc un rapide succès. L'abbé Gadbois veut en arriver à publier une chanson par semaine, ce qu'il réussit dès la fin de 1937. Il s'adresse d'abord aux écoles. Au début, ce ne sont que quelques centaines d'étudiants qui s'abonnent. Puis, en quelques mois, toutes les écoles de la province en arrivent à connaître La Bonne Chanson. Après un an seulement, on distribue plus de 6 000 exemplaires de la publication.

En 1938, avec l'accord du Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec, un premier album est distribué dans les écoles; le nombre d'abonnements passe alors à plus de 10 000. Grâce à l'énergie que déploie son concepteur, La Bonne Chanson publie un album, des recueils, une revue; elle organise un festival et un concours. Une émission radiophonique hebdomadaire, Le quart d'heure de la Bonne Chanson, est diffusée à CKAC.

L'abbé Gadbois, qui s'implique dans tous les projets, négocie aussi un contrat de disque à New York, pour l'enregistrement de 16 succès de La Bonne Chanson. À partir de 1948, La Bonne Chanson fait partie du programme officiel de l'Instruction publique de la province de Québec.

L'abbé Gadbois, en collaboration avec Paul Leduc et Raymond Robert, décide par la suite de créer une station radiophonique qui se veut « culturelle et éducative ». En avril 1954, entre en ondes la Station radiophonique CJMS, dont les lettres rappellent en partie la devise du Québec : Canada, Je Me Souviens.

Ces nombreux investissements hypothèquent malheureusement les finances de l'entreprise. En 1955, sous les pressions de l'Évêque de Saint-Hyacinthe, l'abbé Gadbois doit se départir de ses avoirs. Après 18 ans, il abandonne avec tristesse, La Bonne Chanson qui sera désormais sous la gouverne des Frères de l’Instruction chrétienne de La Prairie.

Par la suite, Charles-Émile Gadbois devient vicaire à Sherbrooke, puis aumônier dans une école de Sorel. En 1961, il entre chez les Pères Cisterciens de Rougemont. Suite à une maladie, sa mère l'accueille chez elle, sur le boulevard Pie IX. À partir de 1966, sa soeur Rose-Alma prendra soin de lui. C'est à l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus, en 1980, qu'il célèbre ses 50 ans de prêtrise. Plus de mille personnes se déplacent pour assister à l'évènement.

Il décède l'année suivante, en 1981.

Activités pédagogiques

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1. Site de La Bonne Chanson

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