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17   Fernand Gignac

Sources : Benoit Gignac1 ; Journal de Montréal ; Nouvelles LCN.
Photo (Benoit Gignac) : Fernand Gignac en 1967.

«  L’auteur de Donnez-moi des roses , aussi connu pour avoir prêté ses traits au personnage d’Éphrem dans Symphorien , aura occupé la scène artistique québécoise durant plus de 60 ans. »6

Fernand Gignac est né à Montréal, le 23 mars 1934. Son arrivée dans Hochelaga-Maisonneuve date de 1939 alors que la famille s'installe au 2272, avenue Letourneux7.

La vie est dure à l’époque :

«  Tout se fabrique dans Hochelaga-Maisonneuve : des bonbons, des matelas, des souliers, du carton, de l'air comprimé... Le père Gignac (Alphonse Gignac) s'est trouvé un emploi dans une manufacture de chaussures tout près de chez lui et le soir il ajoute à son salaire en faisant la livraison de poches de charbons. »2

Les Gignac habitent un grand neuf et demi situé au-dessus du petit magasin de M. Desmarais qui vend, entre autres, des «  bonbons à la cenne ». Le jeune Fernand Gignac et ses amis aiment bien s'amuser en jouant des tours. Il se rappelle cette période : «  On était vraiment reconnus comme des joueurs de tours, au point où le gardien de nuit de la Montréal Licorice nous laissait entrer dans la manufacture le soir et nous remplir les poches de réglisse. Comme ça, il était sûr qu'on ne lui ferait pas de coups à lui. On trouvait de quoi s'amuser. On n’avait pas grand-chose à la maison mais, c'est drôle, j'suis sûr qu'on était bien. Les plus vieux de la famille payaient pension, ma mère faisait des lavages, mon père avait deux jobs. On a même eu une pensionnaire pendant un certain temps, Mme Dénommé, une femme charmante (...). Elle venait se faire traiter pour un cancer à l'Institut du radium sur la rue Ontario, le même endroit où s'est fait traiter la Bolduc. »3

Fernand fait aussi sa part en passant La Presse. Vers 13 ans, il prend des petits boulots et accompagne même son père, le samedi, à la manufacture de chaussures.

Le jeune Gignac fréquente l’école primaire Saint-Jean-Baptiste de Lasalle sur le boulevard Pie-IX. C'est un élève «  doué et studieux », bien qu'un peu timide. Mais cette timidité, il la vainc rapidement. À l'âge de 9 ans, il doit, à la dernière minute, remplacer son frère dans une chorale. Cette première démonstration de son talent est une révélation pour la famille qui l'encourage à persévérer.

Un soir, son frère aîné réussit à convaincre l’organisateur du spectacle de variétés au Stade Exchange de laisser Fernand chanter à l'intermission. Sa performance est si appréciée que le public lui lance de la monnaie et c'est fièrement qu'il rapporte 25 $ à sa mère, une somme substantielle pour l’époque.

Par la suite, il se présente dans plusieurs concours amateurs et connaît beaucoup de succès. Dans le quartier, c'est une vedette dont les réussites sont relatées dans les journaux locaux, Les Nouvelles de l'Est et L'Est montréalais4. Il s'inscrit au Conservatoire Lasalle, travaille sa voix et sa diction.

Au milieu du 20e siècle, le Faisan Doré est un cabaret prestigieux. De nombreux artistes y font leurs débuts (Dominique Michel, Monique Leyrac, etc.). C'est son passage au Faisan Doré, à l'âge de 14 ans, qui lance Fernand Gignac comme vedette de cabarets. Il participe à deux concours qui lui valent une semaine d'engagement qui se transforme en neuf mois. Au Faisan doré, Fernand Gignac côtoie Jacques Normand, Jean Rafa, Pierre Roche, Charles Aznavour, Mistinguett, Raymond Lévesque. Il gagne alors 5 $ par semaine. Bien qu'il chante le soir, il continue d'aller à l'école. Il se rendra jusqu'à la fin de la 11e année à l'école secondaire Chomedey-de-Maisonneuve.

C'est ainsi que débute cette carrière formidable qui mettra en scène ses multiples talents pendant plus de 60 ans. Comme chanteur, il a livré des milliers de spectacles partout au Québec et gagné de nombreux prix. Ses chansons ont été gravées sur tous les supports, des 78 tours aux enregistrements numériques. Son premier disque, Je ne fais que passer, a été enregistré dans un studio du quartier, situé au coin du boulevard Pie-IX et de la rue Notre-Dame5.

Son passage à la télévision comme comédien a aussi marqué toute une génération.

Fernand Gignac a épousé Mariette Gravel, elle aussi du quartier, en 1953. Le mariage a été célébré à l'église Saint-Jean-Baptiste de LaSalle.

En mai 2006, quelques mois avant sa mort, il a donné deux représentations à guichets fermés dans le quartier de son enfance, au Théatre Denise Pelletier.

Fernand Gignac est décédé à l'âge de 72 ans, le 18 août 2006.

La carrière de Fernand Gignac

 

Radio

Télévision

  • Symphorien (1970-1977)
  • Les Brillant (1979-1982)
  • Les Moineau et les Pinson (1982-1985)
  • Entre chien et loup (1984-1992)
  • La Montagne du Hollandais (1992-1993)

Musique

  • À l’âge de 9 ans, première place au concours amateur Les talents de chez nous (Radio-Canada).
  • Premier 45 tours (1957) : Je n’ai fait que passer.
  • Plus d’une cinquantaine d’albums.

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1. Gignac, Benoit (1992). Fernand Gignac, mon père, Québec : Les éditions internationales Alain Stanké. 269 p.
2. Idem, page 17.
3. Idem, page 19.
4. Idem, page 31.
5. Idem, pages 71-72.
6. Dany Bouchard, Journal de Montréal, 19 août 2006.
7. Cette résidence est aujourd’hui disparue.
8. Journal de Montréal, 19 août 2006.

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