51 Maison Marie-Gustave Écrement
Sources : Pierre Gilbert de la Cathédrale ;Isabelle Bisson-Carpentier ; CFEMD.
Photo (RC) : 559, avenue Letourneux (1899).
Contrairement à ce que nous affirmions dans une première version, cette maison n’a pas été construite en 1873 par la famille Letourneux. Seul le terrain a alors été acheté par « les messieurs Letourneux ».
Cette maison a été construite en 1899. Le premier propriétaire, Marie-Gustave Écrément était notaire. Il a occupé le poste de secrétaire trésorier de la ville de Maisonneuve de 1891 à 1915.
En 1913, M. Écrément a vendu cette maison à un quincaillier, M. Vitalien Dufault.
En ce qui concerne la famille Letourneux, elle fait partie des premiers promoteurs de l’ancienne ville de Maisonneuve. En 1873, J. Théophile et Charles Henri Letourneux, Olivier Lecours (marchand), Michael Boyce (épicier), Henri Girard (épicier) et Gustave Deschamps(quincaillier) ont acquis les lots 8 et 9 du village d’Hochelaga de la succession Gaudry, dit Bourbonnière. La majorité de ces petits commerçants avaient leurs boutiques sur la rue Sainte-Catherine près de la rue Wolfe, dans le quartier Ste-Marie.
Les noms de rue
Tous les petits propriétaires qui ont acheté les lots 8 et 9 ont donné leur nom à des rues de la ville de Maisonneuve.
Propriétaire |
Ancien nom | Nom actuel |
| Charles-H. Letourneux | Ave. Charles-Henri | Ave. de La-Salle |
| Olivier Lecours | Ave. Lecours | Ave. Letourneux |
| Michael Boyce | Rue Boyce | Ave. Pierre-de-Coubertin |
| Henri Girard | Rue Girard | Rue Hochelaga |
| Gustave Deschamps | Rue Gustave | Rue Adam |
Les deux frères Letourneux étaient propriétaires d’une ferronnerie sur la rue Saint-Paul. Elle avait été fondée par leur père, en 1859.
En 1884, la famille détient le lot 8, dont la valeur estimée est de 27 455 $ et la valeur marchande plus importante encore3.
La maison
Si le recouvrement en brique et en pierre de la maison n’est pas d’origine, il respecte certainement l’aspect que possède le duplex lors de sa construction. Les ouvertures (fenêtres et porte) seraient à leur emplacement d’origine.
L’architecture du bâtiment se démarque de celle de ses voisins et lui donne un aspect particulier, qui la distingue des autres propriétés du secteur. On note tout d’abord la présence d’une fenêtre en saillie4, ou oriel5, au rez-de-chaussée. « Les fenêtres en saillie construites de bois ou de maçonnerie, qui favorisent l’ensoleillement des logements tout en créant un élément décoratif appréciable, dérivent d’une tradition typiquement anglaise des cottages. Que ce type de fenêtre soit au niveau du sol, en surplomb, en superposition ou surmonté d’un balcon, il donne une valeur précieuse aux propriétés qui l’arborent6 ». Remarquez également le porche de l’entrée, presque entièrement fermé, surmonté d’un arc en pierre dont la clé de voûte, d’origine, représente un lion 7.
Le couronnement de cette résidence est aussi très particulier. En effet, remarquez le parapet* posé sur la corniche, avec ses formes inhabituelles et son fronton triangulaire8 central.
Ce bâtiment a reçu le prix 1995 de l’Opération Patrimoine architectural de Montréal (Mercier/Hochelaga-Maisonneuve) dans la catégorie plex.
Vocabulaire
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Parapet9 : Le parapet est le prolongement des murs de maçonnerie au-dessus du niveau du toit plat. Il s’agit du type de couronnement le plus répandu à Montréal, utilisé entre 1900 et 1935.
