46 CAP Saint-Barnabé
Sources :
Jeanelle Bouffard ; Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve.
Photo (RC) : Ancienne église Saint-Barnabé.
L’église Saint-Barnabé a été construite en 1951-1952 selon les plans de l’architecte Joseph-Armand Dutrisac. Son dernier curé, Yves Poulin, décédé en 2000, fut un personnage influent du quartier ayant été notamment le fondateur et le directeur du Centre culturel et sportif de l’Est de Montréal.
L’édifice aujourd’hui
L’édifice est occupé depuis 2005 par le Carrefour d’alimentation et de partage Saint-Barnabé (CAP St-Barnabé). L’organisme a reçu d’importantes subventions pour se porter acquéreur de l’église et pour la transformer.
C'est en travaillant comme responsable de la théologie pastorale, que Jeannelle Bouffard constate que les besoins de dépannage alimentaire dans le quartier sont très grands. En 1991, elle fonde avec d'autres le Carrefour.
Au début, l'épicerie communautaire est l'activité centrale autour de laquelle se sont greffé depuis de nombreux autres services.
Petit à petit, le centre a grandi. L'an dernier, 5 000 personnes ont bénéficié des services du CAP ; 3 000 familles ont été reçues en entrevue dont 850 familles pour le magasin-partage de Noël. L’organisme compte 650 membres. Lors de notre visite, de nombreuses familles venaient s'enregistrer afin de bénéficier du magasin-partage de la rentrée scolaire
Le CAP Saint-Barnabé s’est donné comme mission de « mener une action concertée pour contribuer à améliorer l’état de santé de la population d’Hochelaga-Maisonneuve et pour intervenir sur certains facteurs qui appauvrissent une partie importante des citoyens et citoyennes du milieu, entre autres par le biais de l’alimentation. »1
L’organisme offre cinq services et promeut trois types d’actions avec autant d’objectifs :
- Le service d’accueil offre aux citoyens du quartier un lieu chaleureux pour leur permettre de briser l’isolement et d’établir des liens avec d’autres personnes.
- Les services du Magasin permettent aux membres d’augmenter leur sécurité alimentaire en achetant des denrées alimentaires non périssables à un coût réduit en tout temps.
- Les services alimentaires assurent la qualité des aliments qui sont offerts aux utilisateurs.
- Le dépannage alimentaire fait en sorte que les personnes qui ont recours à ce service puissent recevoir un accueil de qualité et un suivi significatif.
- L’ action citoyenne permet aux personnes qui fréquentent l’organisme de reprendre du pouvoir sur leur vie de façon individuelle et collective.
- L’ action bénévole fait en sorte que le dynamisme et la vitalité du CAP reposent sur le plus grand nombre de personnes possibles.
- Enfin, l’organisme travaille en concertation avec d’autres organismes afin d’être mieux au service de la population du quartier tout en assurant un rôle de carrefour d’ information et de partage d’expériences.
Jeannelle Bouffard
Jeannelle Bouffard est un personnage très connu dans Hochelaga-Maisonneuve. Elle possède une grande influence à l’intérieur des groupes communautaires. Contrairement à plusieurs autres, son implication s’enracine dans ses croyances religieuses. Nous lui avons demandé de nous décrire son cheminement.
Autobiographie
« Je suis née le 4 janvier 1947 à Montréal, dans le quartier Centre-Sud. J’ai vécu dans ce quartier jusqu’à l’âge de 20 ans.
Dans mon enfance et mon adolescence je me suis investie dans les mouvements de l’action catholique, dans l’action sociale par l’intermédiaire des camps d’été, des activités de loisir éducatif et l’accompagnement de jeunes, sous la gouverne des sœurs du Bon Conseil de Montréal.
J’ai quatre enfants et dix petits-enfants. Notre famille est très importante. Nous prenons le temps de nous regrouper tous les mois pour souligner des événements ou pour nous soutenir mutuellement.
J’ai travaillé 25 ans comme agente de pastorale. J’ai donc eu la chance de vivre des moments de joie et de tristesse en accompagnant les personnes selon les différents moments qui jalonnent une expérience humaine. J’ai été active en pastorale paroissiale (baptême, mariage, sacramentelle, sociale…). J’ai été agente de pastorale scolaire 12 ans à l’école Saint-Clément de Viauville. J’ai travaillé deux ans au Centre St-Pierre comme formatrice au secteur de spiritualité et de pastorale et une dizaine d’années comme agente de pastorale sociale au quartier Centre-Sud.
Parallèlement à ces dernières activités, j’ai fondé, avec un groupe de croyants et croyantes de la paroisse Saint-Barnabé, il y a 15 ans, au moment oừ j’y assumais la responsabilité pastorale, l’organisme à l’intérieur duquel je suis impliquée à temps plein maintenant : le Cap St-Barnabé. C’est là que je nourris ma foi, mon analyse sociale, ma connaissance des personnes et ma conviction que dans chaque être humain il y a un trésor qui est caché. Il faut apprendre à le découvrir.
Au fil des années j’ai toujours ressenti le besoin de me former afin de mieux être au service des personnes qui étaient placées sur mon chemin. J’ai donc commencé ma vie professionnelle en étant professeur d’art culinaire et de couture. Par la suite je suis allé chercher un certificat en animation pastorale. J’ai également complété une maîtrise en théologie pastorale en ayant pour sujet de mémoire Les communautés ecclésiales de base. Les dernières études complétées m’ont conduite à la scolarité de doctorat en théologie pastorale à l’Université de Montréal. Mon examen de synthèse réussi, j’étais confrontée au fait de rédiger ma thèse. Comme ma situation financière ne me permettait pas de privilégier cette option, j’ai choisi de m’investir à fond de train, avec passion et conviction dans ce projet concret que constituait le Cap St-Barnabé. Je n’ai jamais regretté cette décision.
Voilà dans ses grands traits mon parcours de vie. J’aime les personnes, j’aime bâtir avec elles des projets mobilisateurs qui peuvent nous permettre de faire confiance en un monde meilleur . »
Adresse : 1475, avenue Bennett.
Téléphone : (514) 251-2081.
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1. CAP Saint-Barnabé. Bilan des activités 2004-2005.
