3   Vive les responsabilités !

Statistiques et carte : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Photo : Il faut commencer jeune à jouer dehors. Les enfants de l’école Hochelaga passent la nouvelle porte qui leur permet d’agrandir leur minuscule cour d’école (1994).

S'il y a un mythe à la vie dure, c'est bien celui que les responsabilités provoquent du stress et font mourir du coeur. C'est une des raisons, semble-t-il, pour laquelle les responsables d'entreprises, les hauts cadres, les médecins gagnent si cher. Ils sont ensevelis sous les responsabilités, travaillent 70 heures (pourquoi pas 90 ?) par semaine, et finalement craquent tout à coup d'un infarctus.

Il s'agit toutefois d'un argument à remiser au placard en ce qui concerne les hauts salariés. Les responsabilités, du moins comme l'entendent les gens à hauts revenus, font au contraire vivre plus vieux.

Sur le territoire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve, on meurt plus de deux fois de maladies circulatoires que sur le territoire de CLSC le plus aisé, le CLSC Lac Saint-Louis. Il apparaît donc que les populations les plus riches meurent plus souvent de vieillesse que de maladies circulatoires.

Les causes sont multiples, mais la plupart relèvent de la situation particulière de pauvreté : mauvaise alimentation, sédentarité, etc. Cependant, il y a aussi le stress. Eh oui, les pauvres ont aussi des responsabilités. Celles de payer le loyer, de nourrir la famille, de s'occuper de leurs enfants qui vont moins bien à l'école. Y a-t-il pire stress que de voir son enfant pleurer parce qu'il a faim ? Mais les pauvres n'ont pas le vocabulaire fleuri pour décrire leur stress et payer des sondages pour démontrer qu'ils sont déprimés.

 

Statistiques

 

Haut de page