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2   L'échelle « objective » du bonheur !

Statistiques et carte : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Photo (RC) : Salon funéraire Sansregret.

Au cours des siècles, l’espérance de vie a beaucoup progressé dans le monde. Dans la Rome antique, elle était inférieure à 40 ans. Aujourd’hui, elle varie selon qu’on vit dans un pays riche ou pauvre. Au Canada, l’espérance de vie est de 79,9 ans alors qu’elle n’atteint que 51,5 ans en Haïti1.

Au Québec, il en est de même selon qu’on est né « puissant ou misérable »2. Nous avons demandé à la Direction de la santé publique de nous fournir des données comparatives entre Hochelaga-Maisonneuve et le territoire de CLSC qui possède le plus haut niveau de vie.

On observe de très grandes différences entre les deux territoires. Ainsi, les hommes d’Hochelaga-Maisonneuve vivent en moyenne 10,6 ans de moins que ceux du CLSC Lac-Saint-Louis dans le West Island. Sexes confondus, la différence est de 8,2 ans. Bien sûr, tous les hommes d’Hochelaga-Maisonneuve ne meurent pas à 70,4 ans. Certains vivent plus vieux, d’autres moins. Il s’agit d’une moyenne. Mais, cette moyenne indique que, si on additionne toutes les conditions favorables et défavorables, les habitants du West Island (Lac-St-Louis) ont une vie beaucoup plus facile que ceux d’Hochelaga-Maisonneuve.

Comme le soulignait un professeur de cégep, cette statistique, « c’est un peu comme ‘l’échelle objective du bonheur’. Les gens riches ont beau dire qu’ils croulent sous les responsabilités et le stress, ils ont beau inventer des fables dans lesquelles le pauvre paysan est rayonnant de bonheur et le riche est malheureux, le résultat global est qu’ils vivent beaucoup plus vieux. »

Il est instructif de rapprocher cette différence entre des quartiers avec les différences d’espérance de vie selon le métier ou la profession. Au Québec, ni le gouvernement, ni les compagnies d’assurances ne rendent publiques ces informations, bien qu’elles existent. Les données françaises et britanniques nous permettent cependant de constater que, contrairement au préjugé souvent répandu, plus les gens exercent un métier intellectuel, avec des responsabilités élevées et un haut salaire, plus ils vivent vieux. Inversement, plus on exerce un métier manuel, d’exécutant et avec un bas salaire, plus on meurt jeune.

Cela nous ramène au fait que l’espérance de vie est intimement liée au métier que l’on exerce et aux conditions de vie auxquelles celui-là donne accès.

Espérance de vie à la naissance, 1998-2002
Sexe CLSC Hochelaga-Maisonneuve CLSC Lac-St-Louis Différence
Hommes
70,4 ans 81 ans
10,6 ans
Femmes 78,0 ans 84,1 ans 6,1 ans
Hommes+femmes 74,2 ans 82,6 ans 8,4 ans

 

Statistiques

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1. Collectif (2005). L’état du monde 2006 . Montréal : Éditions La Découverte/Boréal
2. Jean de La Fontaine. Les animaux malades de la peste .

 

 

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