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16   L’immigration

Statistiques et cartes : Danièle Dorval et James Massie, Direction de la santé publique de Montréal.
Statistiques sur les écoles : CSDM.
Source : Site Internet d’ALPA
Photo (RC) : ALPA, 1490, de La-Salle

Avec 10 % d’immigrants, Hochelaga-Maisonneuve est l’un des quartiers qui en comptent le moins sur l’Île de Montréal.


* Le quartier Hochelaga-Maisonneuve diffère du territoire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve. Ce dernier est légèrement plus grand et inclut la population habitant entre les rues Sherbrooke, Rachel et la voie ferrée du Canadien Pacifique. Le pourcentage présenté ici est celui du « quartier ». Il diffère donc légèrement de celui produit habituellement par la Direction de la santé publique de Montréal-Centre et qui fournit le pourcentage pour le territoire du CLSC Hochelaga-Maisonneuve.

La proportion est cependant plus élevée dans les écoles : 21,5 % des élèves sont de langue maternelle autre que le français1.

Dans les écoles, cela se traduit par des élèves ayant une multitude de langues maternelles et des défis importants en ce qui concerne la francisation. À l'école secondaire Eulalie-Durocher, une école régionale, on ne dénombre pas moins de 38 langues maternelles différentes ; les francophones n'y représentent que 57,2 % de la population scolaire. À Sainte-Jeanne-d’Arc, avec 20 langues, la proportion d’élèves de langue maternelle française n’est que de 58,1 %. À Chomedey-de-Maisonneuve, par contre, malgré la présence de 23 langues maternelles différentes, la proportion de francophones demeurent élevée avec 86,9 % des élèves.

Cela dit, la situation du quartier reste très différente des écoles de Côte-des-Neiges et de Parc Extension où la proportion des élèves issus de l’immigration avoisine parfois les 100 %.

55 langues maternelles

En septembre 2005, on dénombrait 55 langues maternelles dans les écoles d’Hochelaga-Maisonneuve : albanais, allemand, anglais, arabe, arménien, bambara, bengali, berbère, bulgare, cambodgien, chinois, coréen, créole, danois, dari, espagnol, ewe, flamand, français, georgien, grec, gujarati, hongrois, indonésien, inuktitut, italien, kabyle, kinyarwanda, kirghize, kirundi, kongo, laotien, lingala, maharique (amhara), malinké, mandarin, ourdou, pachto, pendjabi, persan, polonais, portugais, pulaar, roumain, russe, serbe, swahili, somali, tagal, taiwannais, tamoul, tshiluba, turc, twi, ukrainien, vietnamien.

Présence d’autres langues maternelles

Écoles

(septembre 2005)

% d’élèves de langue maternelle autre que le français

Nombre de langues maternelles dans chaque école

Hochelaga
9,6 % 11
Baril 12,1 % 13
St-Nom-de-Jésus 30,3 % 23
St-Clément 26,1 % 21
Maisonneuve 18,8 % 17
St-Jean-Baptiste-de-La-Salle 36,3 % 21
Notre-Dame-de-l’Assomption 35,8 % 20
Ste-Jeanne-d’Arc 41,9 % 20
Chomedey-de-Maisonneuve 13,1 % 23
Le Vitrail 4,2 % 5
Eulalie-Durocher 42,8 % 38

 

Les 10 langues maternelles les plus fréquentes dans les écoles d’Hochelaga-Maisonneuve (Nombre d’élèves parlant ces langues dans chaque école)
Langues
Hochelaga
Baril
Saint -Nom-de-Jésus
Saint-Clément
Maisonneuve
Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle
Notre-Dame-de-l’Assomption
Sainte-Jeanne- d’Arc
Chomedey-de -Maisonneuve
Le Vitrail
Total Ensemble des écoles
Français 254 306 258 238 376 181 129 136 645 136 2659
Espagnol   13 47 34 23 25 17 30 37 3 229
Arabe 10 9 5 6 18 16 13 16 9   102
Chinois 5 3 17 5 16 13 12 14 5   90
Lingala 1 3 5 10 4 8 2 2 8   43
Créole 1 3 5 3 4 4 3 2 11   36
Vietnamien 1   1 1 5 5 1 10 3   27
Anglais   1 4 4 3 2 6 4 3   27
Bengali   2 3 2 2 6 2   4   21
Tamoul   3   2   9   3 1   18
Autres 9 5 25 17 12 15 16 17 16 3 135
Total des élèves 281 348 370 322 463 284 201 234 742 142 3387

 

Immigration : une longue histoire

Ce n'est pas d'hier qu'il y a des immigrants dans Hochelaga-Maisonneuve. À partir d’un ancien recensement, Paul-André Linteau a retrouvé le nombre d’immigrants dans la ville de Maisonneuve en 1911. Plusieurs seront surpris en voyant ces données.

Origines ethniques de la population de Maisonneuve en 1911

Origine

Nombre

%

Française
15 203 81,3 %
Anglaise 2 062 11,0 %
Irlandaise 418 2,2 %
Écossaise 4o6 2,2 %
Belge 164 0,9 %
Italienne 120 0,6 %
Allemande 50 0,3 %
Grecque 43 0,2 %
Chinoise 25 0,1 %
Hollandaise 23 0,1 %
Russe 14 0,1 %
Scandinave 10 0,1 %
Austro-hongroise 9  
Juive 8  
Polonaise 7  
Suisse 4  
Non spécifié 118 0,6 %
Source : Recensement du Canada, 1911 (In Linteau, 1975)


La première vague d’immigrants est évidemment celle des Français, à partir de 1534.

La seconde suit la conquête de 1763. Les Anglais ont alors pris le contrôle de l’industrie et du commerce dans la colonie. C’est pourquoi on retrouve des Anglais en grand nombre dans Maisonneuve. Ceux-ci occupaient sans doute les postes de commande dans les diverses industries.

La vague d’immigration irlandaise provient quant à elle du 19e siècle alors que les Britanniques occupent l’Irlande, provoquant une pauvreté endémique et, à un certain moment, une gigantesque famine qui a fait des centaines de milliers de morts.

La conquête a eu un effet sur la situation du français, qui continue de s’exercer aujourd’hui.

En 1760, les Canadiens parlaient français ou une langue amérindienne. En 1951, la proportion de francophones au Canada était descendue à 29 % de la population canadienne ; les langues amérindiennes à presque rien. Si l'on exclut le Québec, la proportion de francophones dans le ROC (Rest of Canada) avait chuté à un maigre 7,3 %2.

En 2001, les francophones ne représentaient plus que 22,9 % de la population canadienne. Dans le ROC, la proportion avait chuté à 4,4 %2.

Au terme de leur étude sur le sujet, Louise Marmen et Jean-Pierre Corbeil (2004) concluent qu'il « est difficile d'imaginer un scénario raisonnable qui pourrait renverser la tendance à la baisse du poids du groupe de langue maternelle française dans l'ensemble du pays. »2

Qu'en est-il au Québec ? La loi 101 a certes ralenti le phénomène d'anglicisation massive des immigrants qui était la règle avant 1977. Elle n'a cependant pas réussi à inverser la tendance. En effet, en 2001, la majorité des immigrants québécois adoptait toujours l'anglais comme langue d'usage, cela dans une proportion de 54 %2.

 

ALPA

« Accueil Liaison Pour Arrivants (ALPA) est un organisme à but non lucratif qui oeuvre depuis 1982 auprès de la population immigrante de la région de Montréal. Installé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve depuis novembre 1989, il dispense des services touchant tous les aspects de la vie des immigrants à une clientèle provenant de tous les horizons. Ces services, gratuits et professionnels, sont regroupés en trois grands secteurs : le secteur de l'établissement et de l'intégration, le secteur de l'employabilité et le secteur de la formation.

Parallèlement aux services directs à la population, ALPA a développé au fil des années une expertise reconnue dans le milieu communautaire, dans les organismes publics et auprès de l'entreprise privée. Plusieurs représentants de ces milieux font appel à ALPA pour dispenser des ateliers de formation et de sensibilisation à l'intention de leur personnel, lors d'embauche de nouveaux employés, etc.

ALPA s'est toujours beaucoup impliqué dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve où il est le seul organisme qui oeuvre auprès de la clientèle immigrante. »3

Téléphone : (514) 255-3900
Adresse : 1490, avenue de La Salle, H1V 2J5
Courriel : alpaong@total.net

Activité pédagogique
  • Au-delà du débat sur l’indépendance du Québec, il est important que les francophones interviennent dans la vie de tous les jours s’ils veulent convaincre une plus grande proportion d’immigrants d’adopter le français comme langue d’usage à la maison. Le meilleur moyen est de bien recevoir les immigrants, qu’ils se sentent acceptés, qu’ils s’identifient à leur communauté d’accueil. Les enseignantes disposent de toute une série d’activités qui encouragent des liens plus fraternels entre la communauté d’accueil et les immigrants. Il faut juste se souvenir que, si nous négligeons ce genre d’activités en classe, l’assimilation à la langue majoritaire du Canada continuera de s’accentuer.

 

_________________________
1. De fait, l’immigration récente est légèrement plus élevée dans les écoles. Certaines familles provenant de pays francophones sont amalgamées ici avec les Québécois français.
2. Chiffres extraits d’une vaste étude intitulée « Nouvelles perspectives canadiennes », publiée par Statistique Canada. Rapporté dans La Presse du 7 décembre 2004.
3. Source : Site Internet d’ALPA.

 

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